Un déjeuner à Saint-Joseph l’Espérance

Un déjeuner à Saint-Joseph l’Espérance

« Une école sans cantine ? Vous êtes sûrs ? »

Oui, vous avez bien lu, pas de cantine à Saint-Joseph l’Espérance ; et pourtant, la plupart des élèves y déjeunent.

La taille d’une jeune école indépendante ne lui permet souvent pas d’offrir un service de cantine à ses élèves, ce qui bouleverse les habitudes des familles.

Mais il faut avant tout savoir que lier école et cantine est en réalité une particularité bien française. Beaucoup de nos voisins font différemment dans leur pays.

Alors, pas de cantine pour nos enfants, une chance ou une contrainte ?

Paroles de parents :

  • "L’absence de cantine nous permet de faire de belles économies : à l’école publique, je payais pour mon fils 550 euros pour l’année, et pour ma fille 700 euros dans le privé. Finalement, sur un an, ça compte comme économie."
  • "Notre fils est allergique à l’arachide ; je préfère savoir exactement ce qu’il mange, et surtout, ce qu’il ne mange pas ! J’aime mieux lui préparer moi-même son repas. Et comme c’est pour tout le monde pareil, il n’est pas mis à part."
  • "Nous sommes très vigilants sur la qualité de la nourriture donnée à nos enfants. A l’école du village, même si je sais qu’ils faisaient attention, c’était forcément de la cuisine de collectivité, avec des aliments pas toujours très sains. Ici, au moins c'est moi qui choisis les produits que mangent nos enfants."
  • "En général, le gâchis de nourriture me choque énormément. A Saint-Joseph, je donne à ma fille la portion dont elle a besoin, et pas plus. Inutile de la forcer à finir son assiette, ou bien de jeter les restes."
  • "C’est sûr qu’au début, ça paraît très contraignant : on se fait une montagne de ces repas à préparer ! Et puis, finalement, on prend le rythme. Les enfants déjeunent tous les jours à l’école car nous travaillons tous les deux. J’ai pris l’habitude d’alterner repas chauds et froids. Quand je cuisine à la maison, je prévois deux parts en plus pour eux, que je leur donne deux jours plus tard. J’ai investi dans des boîtes Thermos, qui gardent parfaitement la nourriture au chaud jusqu’à midi."
  • "Mon mari est belge. Toute son enfance il a pris des « repas de tartines » comme il dit. Là-bas, c’est normal, il y a peu de cantines. Comme dans la plupart des pays nordiques. On peut manger bien en mangeant froid. De toute façon, les enfants sont dans une salle bien chauffée pour leur déjeuner, et aiment la formule « pique-nique et bonnes tartines »."
  • "Comme les enfants déjeunent régulièrement à la cantine, nous avons choisi de les équiper un peu : un sac à déjeuner isotherme, quelques boîtes (éventuellement à compartiment), des couverts pratiques, et une boîte Thermos pour le plat chaud. Le soir, je passe tout au lave-vaisselle, et c’est reparti pour le lendemain. Tout ça se trouve facilement, car ça devient tendance."

Paroles d’élèves :

  • "Avant, à la cantine, je n’aimais pas beaucoup ce qu’il y avait dans mon assiette. Maintenant, comme c’est maman qui l’a préparé, j’aime tout ce qu’elle choisit pour moi !"
  • "Mon menu préféré à l’école, c’est un pique-nique, mais je n’en ai pas très souvent !"
  • "J’aime bien rester déjeuner à l’école, parce qu’après, on a une loooongue récré !"

Mais alors, comment cela se passe-t-il ?

Explications d'une maman, pour l'organisation pratique :

"Nous avons deux services successifs, selon les classes - les petits déjeunent en premier, puis les grands. La surveillance des repas est assurée par les parents, selon un tour de rôle ajusté en fonction du nombre de repas pris à l école par les enfants. Par exemple, je laisse déjeuner mon fils tous les jours, l’école demande que mon conjoint ou moi venions surveiller le repas une fois tous les quinze jours.

Concrètement, je me rends disponible entre 11h45 et 13h, pour accompagner le repas d’environ huit enfants, puis je les surveille pendant leur récréation. Souvent, je déjeune en même temps que les élèves, et une chaise haute est prévue pour accueillir mon bébé.

Je sais que l’école envisage de trouver une alternative pour les prochaines années, au cas où des parents ne pourraient pas venir assurer leur tour de garde. Même si c’est une organisation à trouver, je dois dire que j’aime bien ce moment ; il me permet de mieux connaître les camarades de notre fils en prenant un repas avec eux !"

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